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En quête d'Ethiopie.com

Blog pour faire découvrir l'Ethiopie, pays magnifique de l'Afrique, mais souvent méconnu par les voyageurs

L’aspect sécuritaire, le harcèlement, la mendicité, la prostitution et la situation sanitaire (Covid-19) en Ethiopie :

L’aspect sécuritaire, le harcèlement, la mendicité, la prostitution et la situation sanitaire (Covid-19) en Ethiopie :

Peut-on voyager en Ethiopie en toute sécurité?

Beaucoup de personnes se posent la question de savoir s’il est possible de voyager en Ethiopie en toute sécurité.

Je vais y répondre mais tout d’abord un point sur la situation du pays :

Ces six dernières années il y a eu de nombreuses manifestations dirigées contre l’état ou des problèmes inter-ethniques en particulier dans la région Oromo et une partie de la zone Amhara (zone de Gondar).

Petit rappel: depuis la défaite de la junte militaire le 28 mai 1991, le Front Démocratique Révolutionnaire du Peuple Éthiopien (une coalition de 4 parties régionaux) a dirigé l'Ethiopie jusqu'en avril 2018. Le Front de Libération du Peuple du Tigré, le parti dominant, a contrôlé d'une main de fer durant près de trois décennies l'appareil politique et sécuritaire du pays, limitant la liberté d'expression.

Les premières manifestations, notamment des étudiants Oromos, ont commencé en novembre 2015 contre l’extension  des limites administratives et territoriales de la capitale éthiopienne sur la région Oromo qui aurait entraîné l’expropriation de nombreux paysans.

L’état éthiopien avait alors instauré l’état d’urgence, qui depuis a été levé. En aucun cas les manifestants s’en sont pris aux touristes visitant ces régions.

Durant l’été 2018, le premier ministre Abiy Ahmed a autorisé les opposants de tout bord à rentrer aux pays à condition notamment d'abandonner la lutte armée. L’accession au pouvoir de celui-ci a été suivie par des réformes importantes et la fin du conflit avec l'Érythrée en juillet 2019. Certains groupes radicaux dont la branche armée du Front de Libération Oromo ont repris la lutte dès la fin de l’année 2018.

Les Oromos, le groupe ethnique le plus important en Éthiopie, réclament un accès plus important au pouvoir détenu depuis des siècles par les ethnies chrétiennes du nord, les Amharas et Tigréens.

Son début de mandat n’a pas été facile, le 23 juin 2018, un attentat à la grenade a visé Abiy Ahmed lors d’un rassemblement dans la capitale et le 22 juin 2019, une tentative de coup d'État qui s'est produite à Bahar Dar la capitale de la région d'Amhara, au nord-ouest de l'Éthiopie, avec pour objectif la chute du gouvernement régional.

Depuis septembre 2019, on a constaté une escalade de violences liées à des tensions ethniques et religieuses alors même que le 11 octobre 2019, le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, avait obtenu le prix Nobel de la paix pour avoir été à l’initiative de la résolution du conflit qui opposait l’Éthiopie et l’Érythrée depuis les années 90.

En raison de ces conflits inter-communautaires, le nombre de déplacés n’a pas cessé d’augmenté.

Des manifestations ont éclaté après l’assassinat, le 29 juin, de Hachalu Hundessa, un chanteur et activiste Oromo de premier plan. Elles se sont transformées en émeutes, pillages et incendies criminels qui ont dévasté certaines villes. Les attaques et les assassinats ciblés, en particulier contre les minorités ethniques en région Oromo, ont entraîné la mort de dizaines de personnes et endommagé le tissu social des communautés et exacerbé les tensions régionales.

La montée des conflits identitaires et des tensions politiques est le test le plus sévère du leadership du Premier ministre Abiy Ahmed depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans.
Les motifs du meurtre de Hachalu ne sont pas entièrement compris. Des suspects liés à une faction militante du Front de libération de l’Oromo (OLF) ont été arrêtés, tandis que le gouvernement a blâmé le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et certains éminents activistes et des politiciens pour avoir incité à la violence ethnique et tenté de faire dérailler la libéralisation politique fragile de l’Éthiopie. 

Cependant, les divisions ethniques et politiques de l’Éthiopie ont des racines profondes, avec des problèmes structurels qui n’ont pas été suffisamment abordés sous la direction d’Abiy. Il s’agit notamment de récits contradictoires sur l’histoire de l’Éthiopie, d’un projet fédéral inachevé et de tensions sur la division du pouvoir entre le centre et les régions.

Il y a aussi le désir d’une meilleure représentation des différents groupes ethniques, liée à la poursuite d’une plus grande autonomie dans de nombreux endroits, notamment dans la région méridionale
il y a un grand nombre d’ethnies. 

Il y a des signes que l’Éthiopie recule dangereusement, en particulier sur le plan de la sécurité et de la démocratie. Le pays a connu une aggravation du nationalisme ethnique et des violences inter-communautaires, une confrontation dangereuse entre le gouvernement fédéral et la région du Tigré et une augmentation des assassinats motivés par des raisons politiques.

Cette situation a été aggravée par le fait que le gouvernement s’est tourné vers des réponses familières, musclées aux défis de la loi et de l’ordre, y compris l’intimidation et les arrestations massives de civils, de politiciens de l’opposition et de journalistes, et la fermeture d’Internet. 

La Commission éthiopienne des droits de l’homme a appelé les forces de sécurité à s’abstenir de mesures punitives et à adopter des approches conciliatrices pour mettre en œuvre les mesures d’état d’urgence mises en place pour faire face à la COVID-19.

Le pays est également confronté à un triple choc économique causé par la pandémie, l’instabilité renouvelée et la dévastation des cultures par les criquets pèlerins. Le FMI a récemment réduit les projections de croissance du PIB de l’Éthiopie pour 2019/2020 à 3,2 %, contre 6,2 % et le pays estime que 1,4 million de travailleurs seront touchés par la pandémie, en particulier dans les secteurs des services et manufacturier.

L’impact sur l’agriculture, qui représente un tiers du PIB et dont la plupart des Éthiopiens dépendent pour leur subsistance, devrait être sévère. En plus d’ébranler la confiance des investisseurs, l’impact probable sur les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et le niveau de pauvreté rend plus difficile pour le gouvernement de maintenir le soutien public et pourrait aggraver l’instabilité.

La situation a été exacerbée par le report des élections en raison de la COVID-19, qui auraient du avoir lieu en 2020, et qui auront lieu maintenant le 5 juin 2021.

Les efforts déployés pour éviter une crise de légitimité pour le gouvernement provoquée par la fin du mandat du Parlement en octobre 2020 ont conduit le Conseil d’enquête constitutionnelle à prendre une décision sur la voie à suivre. Ce groupe d’experts juridiques, dirigé par le Président de la Cour suprême, a donné au Parti de la prospérité (la nouvelle coalition de parties au pouvoir fondée en décembre 2019) une extension illimitée de son mandat, sans limitation de ses pouvoirs pendant la période intérimaire.

Cette décision crée un dangereux précédent et constitue une occasion manquée de parvenir à un compromis et de faire progresser le processus démocratique. Le manque d’inclusion a irrité les groupes de l’opposition, avec lesquels le gouvernement a eu peu de discussions. Beaucoup dans l’opposition avaient préconisé un gouvernement transitoire ou technocratique pendant l’intérim, malgré les risques de nouvelles divisions et un vide d’autorité, et accusaient le Parti de la Prospérité de manipuler les institutions pour rester au pouvoir.

En outre, le Front de Libération du Peuple du Tigré, le parti au pouvoir dans la région du Tigré et anciennement la force politique nationale dominante, a organisé ses propres élections sans l’accord du gouvernement fédéral.

En novembre 2020, les Tigréens mécontent des reformes entreprises ont lancé les hostilités en attaquant une base militaire de l’armée éthiopienne à l'ouest du Tigré.

Même s’il ne compte qu’environ 6 % de la population du pays, le Tigré, un État du nord de l'Ethiopie au sud de l’Érythrée, exerçait jusqu'au début de l’année 2018 un rôle prépondérant au sein de l’appareil politique. Ce contrôle du pouvoir a pris fin lorsque Abiy Ahmed  a accédé au poste de premier ministre le 2 avril 2018 à la suite du départ de Hailemariam Desalegn, et a amorcé des mesures de démocratisation. Les Tigréens craignent alors que le système décentralisé sur une base ethnique, en vigueur depuis 1994, ne soit abrogé et leur rôle diminué. En décembre 2019, le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT), l’ancien parti de pouvoir, refuse de joindre les rangs du Parti de la Prospérité, la nouvelle formation dirigée par Ahmed .

Le report des élections fédérales prévues pour août 2020 à cause de la covid-19 avive les tensions. Accusant le premier ministre de s’accrocher au pouvoir, le Front de Libération du peuple du Tigré tient des élections sur son territoire le 9 septembre 2020. La décision est mal accueillie par le pouvoir central. Les tensions s’accentuent avant que, le 4 novembre, des attaques ne soient lancées contre des bases de l’armée éthiopienne en sol Tigréen. Le gouvernement décrète l’état d’urgence dans le nord du pays, suspend les autorités du Tigré et réplique militairement. Le conflit va durer trois semaines avant que le gouvernement ne reprenne le contrôle dans la région.

Maintenant ma réponse à la question posée au début de cet article :

Oui, il est possible de voyager en Ethiopie en toute sécurité, mais à condition d’éviter certaines zones ou régions.

Il est notamment préférable de ne pas s’approcher de trop près des frontières des pays  comme ce fut toujours le cas. Cela n’empêchant pas de pouvoir se rendre dans le Danakil la sécurité a été renforcée depuis 2012 et qui fut une des régions éthiopiennes le plus visitées depuis octobre 2016. Les convois sont systématiquement accompagnés de policiers et de nombreux militaires sont présents sur les principaux lieux de la région.

En ce moment il est possible de se rendre dans le sud de l'Ethiopie, mais la situation peut changer à tout moment. Depuis quelques années, il y a des conflits territoriaux entre certaines ethnies notamment dans la région de Konso. Mais tout comme les Sidamas qui ont obtenus le statut régional, certaines des ethnies les plus importantes du sud réclament également plus d'autonomie (Wolaita, Gamo), et peuvent manifester, bloquer les routes. Il est donc recommandé de se renseigner avant d'effectuer un voyage dans cette région du pays.  

La situation dans la région Oromo  où des manifestations et conflits inter-communautaires ont eu lieu en 2015 et 2016, puis en 2019 et 2020 est redevenue stable. Il est possible de visiter la ville d’Harar, les montagnes du Balé.

La région Amhara a connu des manifestations violentes en 2016 contre la décision du gouvernement éthiopien de maintenir le rattachement du district de Wolkait (jusqu’en 1991 ce district se trouvait rattacher à la province du Gondar au nord de la région Amhara) à la région voisine du Tigré. Mais également il y a eu un conflit dans la région de Gondar avec les Agaws Qemant assimilaient dans le temps par les amharas et qui réclamaient plus d'autonomie. La situation est redevenue normale et il possible de visiter la ville de Gondar avec son enclos royal fort intéressant et la très belle église de Débré Birhan Sélassié, le parc national du Simien et l'ensemble des sites de la région.

La situation dans la région du Tigré:

La région du Tigré sera certainement inaccessible aux touristes durant l’année 2021, suite au conflit de la fin de l’année 2020. Il y a une grave situation alimentaire et humanitaire dans la région. De nombreuses routes ont été endommagées. L’eau, l’électricité et le téléphone n’ont pas été rétablis dans une grande partie de la région. Et il y a eu des attaques meurtrières contre des civils et bus transportant des étudiants.

Pour se rendre dans le Danakil, il est conseillé de passer par le sud de la région Afar.

Pour vous informer, il y a le site du ministère des affaires étrangères, mais qui ne reflète pas toujours la réalité du terrain.

Manifestations et désordres civils :

Des manifestations surviennent régulièrement. Même les manifestations qui se veulent pacifiques peuvent soudainement donner lieu à des actes de violence. Elles peuvent aussi grandement perturber la circulation et les transports publics.

  • Évitez les endroits où se tiennent des manifestations et des grands rassemblements.
  • Suivez les directives des autorités locales.
  • Consultez régulièrement les médias locaux pour vous tenir au courant des manifestations en cours.

Il est conseillé de ne pas voyager en Ethiopie au moment des élections nationales et régionales qui auront lieu le 5  juin 2021. Avant d’entamer un voyage dans les mois qui suivent, se renseigner sur la situation dans le papys en allant sur le site du ministère des affaires étrangères français.

Conseils aux voyageurs venant en Ethiopie (lien vers le Ministère des affaires étrangères français).

Le risque  d'attentat:

En ce moment le risque d'attentat est élevé:

Terrorisme international: Les extrémistes somaliens (Shebab) ou l’état islamique présent en Somalie ont planifié des attentats sur le territoire éthiopien qui ont tous été déjoués.

Terrorisme domestique: la branche armée du Front de Libération Oromo (Shané) ou des membres du Front de Libération du Peuple du Tigré pourraient lancer des attaques terroristes dans les grandes villes d'Ethiopie dont la capitale (attaques à la grenade dans des bars, centres commerciaux, moyens de transport, ou bâtiments publiques). 

La criminalité en Ethiopie :

La petite criminalité est en augmentation dans la capitale et les grandes villes du pays villes en raison de la pauvreté générale et du taux de chômage élevé. Il arrive que soient commis des vols avec agression, des agressions armées et des vols dans des voitures stationnées. Les crimes de rue, comme les vols à la tire et les vols de sacs à l’arraché, sont fréquents dans la capitale Addis Abeba (en moto). Les voleurs à la tire sont actifs dans toute la ville, mais surtout sur l’avenue de Bolé (la principale artère venant de l’aéroport), l'avenue de Churchill, dans le quartier de Piazza et le Merkato (le grand marché de la capitale), au mont Entoto (la colline dominant la capitale) et dans d’autres secteurs fréquentés par des touristes et des ressortissants étrangers. Les malfaiteurs sont beaucoup plus actifs après la tombée de la nuit.

  • Il est préférable d’utiliser des taxis individuels plutôt que les transports en commun ou des taxis collectifs (minibus, les voleurs opèrent à l’intérieur de ceux-ci).
  • À Addis Abeba, il est recommandé de ne pas se promener seul, et de se déplacer uniquement en voiture ou en taxi durant la nuit.
  • N’opposez aucune résistance en cas d’agression, car les assaillants n'hésitent pas à recourir à la violence.
  • Rangez toujours en lieu sûr vos effets personnels, y compris votre passeport et vos autres documents de voyage (coffre de l’hôtel). Évitez de mettre vos affaires sensibles, argent, papiers dans les poches latérales de vos sacs, dans vos poches de pantelons. Ce qui intéresse les voleurs: l'argent, les appareils électroniques.
  • Dans un transport en commun ou ailleurs ne jamais donner son sac à un inconnu, y compris pour un court instant. 
  • Évitez de faire étalage de richesse en public.

Techniques des voleurs :

  • Souvent un adolescent ou jeune homme ou une bande d'adolescents (des orphelins),  viennent vous parler, vous perturber, tandis qu'un ou plusieurs individus viennent par derrière vous faire les poches. Ce type de vol est assez courant dans le quartier de Pizza et le quartier de Bolé.
  • Depuis quelques années, des voleurs attendent près des banques, paralysent le client sortant de la banque en touchant sa peau avec un liquide paralysant et le vole.
  • Des petites voitures (Toyota Vitz ou Yaris) attendent au niveau de certains trottoirs fréquentés, le passager assis du coté du trottoir crache sur une personne, sort du véhicule pour s'excuser et avec un mouchoir pour que la personne puisse se nettoyer. Celui est imbibé d'un liquide paralysant qui permet de neutraliser la personne et de la voler de ses biens.

La police:

En Éthiopie, tous les étrangers sont soumis aux lois éthiopiennes. En cas d’arrestation, la personne est traduite en justice dans les 48 heures. Il est autorisé de parler à quelqu’un de son ambassade, ainsi qu’à un avocat. La plupart du temps, la police en Éthiopie est respectueuse. En cas de confrontation avec la police, il faut garder son sang-froid, sourire et rester poli. Par rapport à d’autres pays africains, la police éthiopienne  ne demande pas ou rarement des pots-de-vin, excepté pour la police du trafic routier et les points de contrôle de la police, sont moins rigoureux avec les véhicules touristiques, qu’avec les autochtones.

Sécurité des femmes :

Les femmes qui voyagent seules peuvent subir certaines formes de harcèlement et de violence verbale (voir ci-dessous deux liens pour mieux vous renseigner). Avant de partir, il faut aussi consulter les forums de voyage sur la question.

Harcèlement des touristes :

Les touristes sont régulièrement harcelés ou sollicités sur les sites touristiques, surtout à Lalibela et Axoum:

  • Les vendeurs de souvenirs très nombreux.
  • Les guides officiels des sites (ont une carte professionnelle de guide) ou les faux guides.
  • Les nettoyeurs de chaussures.
  • Pour l'achat de vêtements, chaussures, de matériels scolaires, d'un livre scolaire ou d'un ballon de foot.
  • L'invitation a venir boire le café dans la famille et on en profite pour demander de l'argent.
  • Demander de l'argent pour supporter, financer une équipe de foot de jeunes. 
  • Demander l'adresse de courriel pour correspondre avec un touriste (la personne en profitera alors pour demander de l'argent, du support pour ses études).

En dehors d'acheter des souvenirs, ou de se faire nettoyer les chaussures, il est recommandé de ne rien donner aux enfants, adolescents, ainsi que de refuser (toujours gentillement ou avec une attitude ferme mais polie) les différentes sollicitations faites. Ça ne sert à rien d’être agressive.

Mendicité :

La mendicité est importante dans la capitale, les grandes villes du pays et à proximité des sites religieux et touristiques. Dans les villes, les mendiants se placent au niveau des feux de circulation, assis sur le trottoir le long des grandes artères commerciales. Les arrondissements de la capitale  ils sont les plus nombreux sont Kirkos, Lideta, Piazza (Arada), et Bolé.

Les mendiants sont des orphelins (souvent en bande), des handicapés ou malades rejetés par la famille, des personnes âgées, des jeunes femmes sans revenus et éducation avec enfants en bas âge, des familles pauvres qui viennent de la province (Tigré, Wollo) et même les élèves des petites écoles religieuses qui vont à tour de rôle mendier pour obtenir de quoi manger et boire (ceux-ci ne sont pas nourris par l’église et vivent dans des conditions sommaires) ou tout simplement les enfants de famille pauvre. 78% d'entre eux ont entre 13 et 45 ans. 92% ne sont pas d'Addis Abeba mais viennent de la région du sud, des régions Oromo et Amhara. Beaucoup sont des sans-abris et certains dorment dans les égouts. 

Il y a une crise des orphelins en Éthiopie. À l’heure actuelle, il y a plus de 4 500 000 d'orphelins en Éthiopie.

La pauvreté est l’une des principales raisons pour lesquelles les enfants sont forcés de travailler dans la rue (les nettoyeurs de chaussures). La désintégration de la famille et la négligence des parents et le manque de services sociaux sont des facteurs importants. D’autres raisons incluent l’échec des moyens de subsistance ruraux, y compris le déplacement du à la sécheresse, la famine et la guerre, l’échec scolaire, les pratiques traditionnelles nuisibles (le mariage précoce) ou la perte d’un parent. Beaucoup d’enfants vivent avec leurs beaux-parents parce que les parents sont décédés ou divorcés. Il y a deux types de mendiants, à temps plein et ceux qui mendient de façon intermittente. Les enfants apprennent à mendier en accompagnant leurs parents, et certains voient la mendicité comme un travail.

Les femmes vivant dans la rue le font souvent pour échapper aux violences domestiques. À cet égard, les mères qui sont sans abri non accompagnées par leurs enfants sont susceptibles d’être étiquetées comme de mauvaises mères. Des études ont identifié des causes les amenant à devenir sans abri telles que : violences domestiques, pauvreté, violence dans la collectivité, antécédents de consommation précoce de drogues, perte d’emploi, perte d’accès à des logements abordables ou l’expulsion, la maladie mentale et les antécédents de violence chez les enfants.
Presque 72 % des femmes avaient été victimes de maltraitance pendant leur enfance, et deux tiers d’entre elles de violences conjugales. Le manque de logements abordables, la pauvreté, l’exposition à la violence sont les raisons les plus courantes pour lesquelles les femmes sont sans abri.

Les mendiants sont rarement agressifs.

L’église orthodoxe se charge de nourrir les mendiants se trouvant à proximité des églises. Il y maintenant quelques associations caritatives qui donnent à manger aux mendiants dans la capitale.

Les autorités d’Addis Abeba estiment qu’il y a plus de 51 000 mendiants dans la capitale

La municipalité d'Addis Abeba avait déposé en 2019 un projet de loi pour mettre fin à la mendicité dans la capitale, incluant une amende si de l'argent était donné à un mendiant, mais la loi n'est pas entrée en vigueur. 

La prostitution :

Traditionnellement, la société éthiopienne était une civilisation essentiellement rurale. L’économie dans la plupart du pays était essentiellement de subsistance avec une absence presque complète d’argent, une division minimale du travail, et l’esclavage domestique plutôt que le travail salarié. Dans de telles circonstances, il y avait peu de possibilités pour la prostitution, une institution qui est encore aujourd’hui largement considérée comme étrangère au mode de vie traditionnel. Il y a cependant des indications qu’une institution liée à la prostitution existait dans les camps royaux au Moyen Âge, la ville du Gondar au 17e siècle, ainsi que plus tard dans les villes commerciales à la périphérie de l’empire, tandis que le développement ultérieur d’Addis Abeba et d’autres villes de la fin du 19e siècle ou du début du 20e siècle ont vu l’émergence d’un type moderne de prostitution.

La prostitution et l’exploitation sexuelle est  monnaie courante en Ethiopie et Addis Abeba serait devenue la ville comptant le plus grand nombre de maisons closes (souvent des bars de nuit) sur le continent. C’est ce qu’affirme le département d’Etat américain, dans un rapport . Des fillettes y seraient même prostituées dès l’âge de 8 ans. Pour les femmes, la mendicité mène souvent à la prostitution.

Le tourisme sexuel est un problème social majeur dans la capitale et dans d’autres villes du pays, principalement poussées par la pauvreté et le chômage. L’Éthiopie est devenue un pôle d’attraction pour le tourisme sexuel, y compris le tourisme sexuel impliquant des enfants.

En Ethiopie, la prostitution n’est pas interdite, mais l’usage de la force, la transmission volontaire du virus du sida et le harcèlement sont punissables par la loi.

Les prostituées sont appelées business ladies ('dames d'affaire").

De manière plus générale, le pays voit aussi se multiplier les attaques à caractère sexuel, que ce soit dans un cadre familial ou dans l’espace public, y compris vols en réunion.

En 2014, on a dit que l’utilisation des préservatifs par les prostitués en Ethiopie est passée d’environ 5% à 99%. Beaucoup de prostitués refusent de coucher avec un client sans être protégé.

Il y a aucune information sur la prostitution des hommes car le sujet est tabou en Ethiopie.

Il y a trois formes de prostitution:

  • Dans les bars, qui est la forme la plus "traditionnelle" et courante. De nuit, certains quartiers des villes sont colorés sur plusieurs centaines de mètres par des farandoles de tubes luminescents. L’allure de ces minuscules bars est charmante, la réalité à l’intérieur est bien moins enchantée.Les filles sont employées en tant que serveuses ou tout simplement attendent que des clients, des hommes jeunes ou plus âgés, les invitent à boire un verre, parler pendant quelques heures avant de rejoindre un petit hôtel ou une pension pour une simple passe ou y passer la nuit. De plus en plus, des proxénètes font office d’intermédiaires pour placer les filles dans les bars en fonction de la demande .​​​​​​
  • La prostitution de luxe: les prostituées de luxe, on les trouve dans des hôtels chics de la capitale. Contactées par des proxénètes, qui les recrutent souvent à la sortie de l’école, elles attendent le client riche, le diplomate. Elles se font beaucoup d’argent lors des grandes réunions internationales, notamment de l’Union Afrique dont le siège se trouve à Addis Abeba. Les éthiopiennes sont réputées être les plus belles du continent africain.

    Le proxénétisme sexuel (dans les rues, dans les bordels, bénéficiant de la prostitution, etc.) est illégal en vertu de l’article 634 du code pénal éthiopien, tel que révisé en mai 2005. Cependant, ces lois sont rarement appliquées.

  • La prostitution de rue: c'est une forme de prostitution qui est apparue durant le courant du 21e siècle tout d’abord sur les trottoirs de certains quartiers de la capitale puis de certaines grandes villes d’Ethiopie. Il y aurait 10000 prostitués de rue à Addis Abeba. La municipalité d'Addis Abeba a déposé en 2019 un projet de loi pour mettre fin à la mendicité et prostitution de rue mais n’a pas approuvé la loi en raison d’un désaccord entre ses membres du conseil.

Il y a des associations de lutte contre la prostitution mais elles se comptent sur les doigts de la main, et ne disposent pas d’assez de ressources. Le champ d’action des associations caritatives avait été restreint en 2009, le parlement éthiopien avait alors adopté une loi limitant leurs financements extérieurs, un moyen de mieux contrôler les organismes de charité dont les ONG. Une nouvelle loi a été votée en 2019 mettant fin aux limitations de la loi de 2009.

La situation sanitaire :

Les risques sanitaires sont importants en Ethiopie. Il vaut mieux se renseigner sur les risques encourus avant d'entamer un voyage dans le pays. 

Les principales maladies les plus fréquentes le paludisme, la diarrhée, parasitoses intestinales, les infections respiratoires aiguës, y compris la pneumonie, tuberculose et maladies de la peau, maladies sexuellement transmissibles. Épidémies de méningite, de rougeole et de diarrhée y compris le choléra sont également fréquentes pendant les sécheresses.

L'hypertrophie de la thyroïde ou goitre, due a une carence en iode, est un problème important en Ethiopie. Le goitre correspond à l'augmentation de volume de la thyroïde. C'est une affection bénigne fréquentent chez les femmes, notamment dans le nord du pays.

Le goitre

Le trachome: Le trachome résulte de l’infection de l’œil par le Chlamydia trachomatis (la bacterie responsable de l'infestion). L’infection se transmet de personne à personne, souvent d’un enfant à un autre ou d’un enfant à sa mère, surtout en cas de pénurie d’eau, d’infestation par les mouches et dans des conditions de promiscuité.

L’infection débute souvent durant la petite enfance ou l’enfance et peut devenir chronique. En l’absence de traitement, elle provoque à la longue un retournement de la paupière vers l’intérieur et les cils viennent frotter sur le globe oculaire, causant une douleur intense et sclérosant la cornée. Ces lésions entraînent une cécité irréversible, généralement à un âge compris entre 30 et 40 ans.

L’Éthiopie (en particulier la région Amhara) est le pays le plus affecté dans le monde.

Le VIH/SIDA est en régression en Ethiopie grâce à un programme important de prévention. Selon des données provenant du World Factbook de la CIA, le taux de prévalence en Ethiopie, chez les adultes correspond aux âges compris entre 15 et 49 ans, est de 1.10%.

Les risques sanitaires ne sont pas les mêmes du nord au sud. Le paludisme sévit dans toutes les régions en dessous de 2000 mètres.

Voici ci-dessous des liens vers plusieurs sites proposant des informations et les recommandations à prendre avant de venir en Ethiopie.

La situation concernant le coronavirus (mise à jour régulière) :

L'épidémie de la  COVID-19 en Éthiopie s'est intensifiée ces dernières semaines. 

Mise à jour sur le coronavirus en Éthiopie, le 16 mars 2021
Nombre de personnes testées au cours des vingt-quatre dernières heures : 7338
Cas nouvellement confirmés : 1490, le nombre a été multipli
é par 4 depuis octobre.
Nombre total de cas confirmés : 178108
Cas actifs : 31045
Patients en soins intensifs : 591
Nouveaux cas de guérison : 660
Nombre total de personnes guéries : 144488
Décès signalés à ce jour : 2573
Le nombre total de personnes testées à ce jour : 2240827
les deux patients atteints du coronavirus étaient des ressortissants japonais, datant de mars 2020.

Une grande partie des cas sont diagnostiqués dans la capitale.

Le peu de cas par rapport aux pays européens, peut s'expliquer par une population jeune souvent asymptomatique (70% de la population a moins de 30 ans), une population majoritairement rurale passant la journée à l’extérieur, peut-être plus résistante à ce genre de virus, et moins de personnes présentant des comorbidités.

Outre des précautions d’hygiène normales, l'Éthiopie dispose d'une législation spécifique qui met l'accent sur la distanciation sociale, la limitation des contacts sociaux et le port obligatoire d'un masque buccal à l'extérieur. Pour la liste complète des mesures en vigueur en Éthiopie, voir la pièce jointe ci-dessous (en amharique et anglais). De plus un protocole sanitaire a été mise en place dans le secteur hôtelier et du tourisme.

Même si le masque est obligatoire y compris à l’extérieur et dans les transports en commun, une majorité de la population de la capitale n'en porte pas, ni respect les règles de distanciation sociale. C'est comme s'il y avait un déni de la maladie de la part d'une partie de la population. En dehors d'Addis Abeba, la population ne porte pas le masque et vit normalement comme si le virus avait cessé de se propager. Il faut tout de même faire attention en respectant la loi en vigueur et les règles de précautions.

Législation en Ethiopie concernant la Covid-19

Informations en cas de voyage en Ethiopie:

Si vous décidez de voyager, veuillez contrôler que votre assurance prendra bien en charge les éventuels frais de maladie/hospitalisation et rapatriement dus au COVID-19 ou à toute urgence médicale.

Conditions d'entrée en Ethiopie. Informez-vous bien avant votre départ auprès de votre compagnie aérienne ou sur le site du Ministère des Affaires Étrangères français:

Obligation pour toute personne âgée de plus de 10 ans de présenter un test PCR Covid-19 négatif, dont le prélèvement date de moins de 120h (5 jours) avant l’arrivée en Éthiopie.

Les tests de diagnostic rapide (RDT – test anticorps) ne sont pas acceptés.

Les voyageurs qui ne disposeraient pas d’un test RT-PCR Covid-19 de moins de 5 jours se verront refuser l’embarquement sur un vol à destination de l’Éthiopie.

Prise de température et questionnaire de santé obligatoires à l’arrivée.

Vous devez respecter une quarantaine de 7 jours. Cela peut être fait dans votre résidence en Ethiopie ou dans un hôtel (soumettez une réservation d'hôtel et une preuve de paiement). Cela ne semble pas être toujours contrôlé.

Les personnes voyageant avec un passeport diplomatique ou de service (y compris les employés de l’ONU ou de l’Union africaine) sont invitées à soumettre un test RT-PCR Covid-19 négatif.  Dans ce cas, la quarantaine obligatoire est de 7 jours. Sinon, ils doivent respecter une période de quarantaine de 14 jours à domicile.

Un test RT-PCR Covid-19 n’est théoriquement pas imposé pour les personnes en transit. Il reste toutefois recommandé de se munir d’une attestation afin d’éviter tout désagrément à l’embarquement ou en transit à l’aéroport d’Addis Abeba. Si vous séjournez dans un hôtel pendant votre transit, vous ne serez pas autorisé à quitter l'hôtel.

Transit : Même en transit, les autorités aéroportuaires ou votre compagnie aérienne peuvent imposer de nouveaux tests, et éventuellement un isolement de longue durée (14 jours) en cas de résultat positif. C'est notamment le cas pour les vols au départ de plateformes internationales bien connues comme Addis-Abeba, Istanbul, etc. Veuillez tenir compte de ce risque lors de la planification de votre voyage et vérifier à l'avance votre couverture d'assurance.​

Si vous jugez probable d'avoir été infecté pendant votre séjour en Ethiopie, vous pouvez passer un test dans un des établissements médicaux de la capitale.

Si votre test est positif (en Ethiopie) pour le COVID-19, les autorités vérifieront si votre état médical et personnel permettent un isolement à domicile. Les personnes qui ne répondent pas aux critères ou qui présentent des symptômes plus graves seront placées en isolement dans des établissements désignés par le gouvernement.

Etablissements recommandés:

MCM General Hospital, l’hôpital Coréen 

Les rendez-vous sont à prendre directement auprès de l’établissement de santé :

Tel : 00251 116 29 54 20 ou 27

Courriel : msmcmet@gmail.com

Lien vers l’hôpital Coréen

Coût 3 000 Birrs éthiopien. Les résultats sont communiqués sous 24 heures. Procédure accélérée : résultats sous 8 heures (5 000 Birrs éthiopien).

Birrs éthiopien (1 euro = 47 birrs).

Ethiopian Airlines:

Lien vers le centre médical d'Ethiopian Airlines

Situé à l’aéroport, le centre de dépistage est ouvert tous les jours de 8h00 à 16h00. Les résultats sont disponibles en principe sous 48 heures. Le test coûte 1250 Birrs éthiopien.

La clinique Suisse:

Lien vers la clinique Suisse

coûte du test : 2 500 Birrs éthiopien (résultat dans la journée) / 2 000 Birrs éthiopien (résultat le lendemain).

Washington Medical Center:

Lien vers le Washington Medical Center

Le WMC propose les résultats en 24 heures (1500 Birrs éthiopien) et sous 8 heures (5 000 Birrs éthiopien).

Vous êtes invités à prendre contact directement avec ces laboratoires pour avoir plus de précisions sur les modalités pratiques de réalisation des tests au minimum 5 jours avant votre départ.

Pour être valable le test doit avoir été fait moins de 72 heures avant votre départ pour la France en France.

L'attestation pour motif impérieux n'est plus obligatoire pour les citoyens français au départ de l'Ethiopie.

En cas de besoin, l'attestation de déplacement international  vers la France métropolitaine  peut-être téléchargée sur le site du ministère de l’Intérieur, voir le lien ci-dessous.

Lien vers le Ministère de l’Intérieur

La consommation de drogues et substances illicites en Éthiopie :

L’Éthiopie est l’une des principales voies de trafic de drogues illicites vers l’Europe et certains pays asiatiques. Le pays sert de point de transit et d’entrée pour les drogues illicites, en particulier pour l’héroïne. Des cargaisons de drogues sont régulièrement saisies à l’aéroport international de Bolé. La drogue est transportée par des trafiquants nigérians, brésiliens, vénézuéliens et sud-africains.

La toxicomanie devient un problème de plus en plus grave en Éthiopie, notamment parmi les jeunes étudiants au lycée ou en université. La consommation de drogues contribue à la prévalence accrue des maladies et de problèmes socio-économiques en Éthiopie. Les drogues, légales sous certaines conditions, couramment utilisées comprennent le khat, l’alcool, le tabac (cigarettes, le narguilé ou la chicha), et les substances illicites principalement consommées sont le cannabis et des solvants qui sont inhalés.
Le khat, l’alcool et le tabac sont facilement disponibles et accessibles à bas prix.
Une part importante de la population active consomme régulièrement du khat et de l’alcool. La prévalence du tabagisme en Éthiopie est de 4,2 % (7,3 % chez les hommes et de 0,4 % chez les femmes). Le tabac est la première drogue expérimentée par les enfants et les jeunes. 

Des études sur la toxicomanie dans certaines zones urbaines du pays ont montré que 82 % des enfants de la rue, des travailleurs du sexe et des vendeurs de rue avaient consommé des drogues ou des substances toxicomanogènes.

Les personnes dépendantes et les gros consommateurs d’alcool et de khat sont principalement des hommes. Dans l'est du pays, les femmes consomment régulièrement du Khat et fume la chicha. Ailleurs, celles qui consomment régulièrement du khat ou de l'alcool, fume la chicha, sont principalement des prostitués (pour tenir la nuit).

La consommation de drogues dures genre cocaïne et héroïne est faible.

Le khat est surtout consommé dans les régions musulmanes de l’est, à Addis Abeba et dans le sud du pays, ou il est vendu à même la rue.

Dans le nord (dans les régions Amhara et du Tigré), la consommation est plus faible, car ce n'est pas bien vu de mâcher le khat. L’église fait pression pour en interdire la consommation, celle-ci se fait principalement que dans un cadre privé. Le khat y est cultivé mais n’est vendu que sur les marchés au bord de la route pour les chauffeurs de passage. Les principaux consommateurs sont les musulmans, les étudiants et prostitués.  

Une étude montre que le taux de prévalence de consommation du khat parmi les adolescents scolarisés dans le secondaire, dans l’est de l’Éthiopie, représentait 24,2 %. Les substances couramment utilisées par les élèves de cette région étaient le khat (65 %), l’alcool (28 %) et la cigarette (4,8 %).

Le khat (Catha Edulis, vient du terme arabe 'kat' signifiant arbuste, et edulis signifie comestible), est une drogue consommée pour ses effets ­stimulants et euphorisants, qui rappellent ceux des ­amphétamines.

Les feuilles de cette plante naturelle, qui pousse surtout en Éthiopie, au  Kenya, et au Yémen, sont mâchées par les consommateurs. L’Éthiopie en est le pays d’origine. A l'origine, le khat dont la consommation remonte au moins à la fondation de la ville d'Harar (10e siècle de notre ère), était tout d'abord consommé par les musulmans durant les prières. 

En Éthiopie, la mastication du khat a une longue histoire et est couramment utilisée à des fins sociales et religieuses.

De quelques milliers d’hectares dans les années 1950, le khat est maintenant cultivé
sur un quart de million d’hectares de terres, principalement en temps que culture commerciale. L’Éthiopie est le premier producteur dans le monde, exportant principalement vers la Somalie, Djibouti, le Somaliland.

La consommation de khat peut conduire à développer des dépendances à l'alcool et à la drogue.

Il n'existe pas de consensus parmi les experts de santé publique sur le niveau de dépendance suscité par le khat. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) juge qu’il provoque moins d’accoutumance, de dépendance que l'alcool ou le tabac.

Certains affirment néanmoins que le khat alimente des pathologies comme la dépression.

Les des effets à long terme: perte d'appétit, dentition endommagée, manque de sommeil, sans compter les répercussions non négligeables sur les finances de certains foyers.

A Addis Abeba, un consommateur de khat dépense en moyenne 4 dollars par jour (3,60 euros), dans un pays où le revenu moyen annuel est selon la Banque mondiale de 783 dollars (705 euros).

A Mékélé, la capitale de l'État régional du Tigré dans le nord de l'Éthiopie, un centre de désintoxication aux drogues a été ouvert, y compris à celle du khat. C’est un organisme public qui fait figure de précurseur dans le pays.

Botte de Khat

Le tabac: il est interdit de fumer et d’utiliser tout produit du tabac dans tous les lieux publics intérieurs, lieux de travail et moyens de transport public. Il est également interdit de fumer dans les zones extérieures des écoles et des universités, les installations gouvernementales, les centres de jeunesse, les parcs d’attractions, entre autres.

Les fumeurs de tabac sont quasiment exclusivement des hommes. Les femmes fumes discrètement à domicile ou à l’intérieur de bars.

Une étude indique que la prévalence de la cigarette chez les adolescents scolarisés dans l’est de l’Éthiopie, à Addis-Abeba était de 12,2 %, 10,1 % respectivement.

La publicité pour le tabac et l’alcool est interdite depuis 2019.

L’Éthiopie a une entreprise publique de fabrication de cigarettes locales et étrangères (National Tobacco Enterprise, dont 40 % des parts ont été rachetées par une compagnie japonaise en 2016).

L'alcool: l’Éthiopie produit également différents types d’alcool, bières, vins, spiritueux, gin local, ouzo, etc. L'alcoolisme est également devenu un gros problème de santé publique dans le pays.

La production et la consommation d’alcool pré-date la civilisation moderne On prétend que les régions montagneuses de l’Éthiopie ont été parmi les sept premiers centres dans le monde où des plantes ont été cultivées pour la production alcoolique. Les boissons alcoolisées traditionnelles brassées à la maison, font partie du tissu culturel dans de nombreuses régions de l’Éthiopie, et bus pendant les fêtes de fin d’église. Le tella, le tej et l’araké sont les principales boissons consommées à la campagne. 

Le tella est la boisson alcoolisée fermentée traditionnelle la plus consommée en Éthiopie. C’est boisson la plus populaire dans les régions Oromo, Amhara et de Tigre. Orge, blé, maïs, petit mil, sorgho, teff et les feuilles de gesho pour la fermentation sont les ingrédients utilisés pour le produire. Sa teneur en alcool varie de 2 à 4 %, le tella filtré a une teneur en alcool plus élevée allant de 5% à 6%.

Le tej est un vin produit en Éthiopie et Érythrée qui utilise le miel comme ingrédient principal et le gesho (Rhamnus prinoides, le bois de nerprun) qui sert d’agent de fermentation (feuilles et brindilles). Le gesho donne un goût amer au tej. Auparavant, celui-ci était produit et consommé uniquement pour les festivités culturelles et dans l’aristocratie éthiopienne. De nos jours, c’est une boisson populaire dans les zones rurales, semi-urbaines et urbaines de l’Éthiopie. Le tej est généralement un alcool fait maison et ensuite vendu, a partir de miel jaune. Environ 80% du miel total produit dans le pays sert de matière première pour la production de Tej. Sa teneur en alcool varie généralement de 7 à 11 %. Le tej est considéré comme l’une des plus vieilles boissons alcoolisées jamais produites. Des fouilles faites à Axoum, ont permis de mettre en évidence que le vin de miel était consommé et était utilisé dans des rituels durant la période du royaume axoumite (du 1er au 7e siècles de notre ère).

L’araké ou araki est une boisson distillée (aussi appelé katikala). Les feuilles de gesho moulus et de l’eau sont conservées ensemble pendant trois à quatre jours et après cela une sorte de pain appelé kita à base de teff ou d’autres céréales est rajouté. On y ajoute également de l’orge du blé ou du maïs germés. La teneur en alcool moyenne est de 35 %. Il est peut-être distillé une seconde fois et dans ce cas la teneur moyenne en alcool du dagim araké est d’environ 45%. Le terme dagim en amharique se réfère à la deuxième fois et indique qu’il est distillé une deuxième fois. L’araké est préparé en milieu rural et dans les zones semi-urbaines et est bu le plus souvent dans les campagnes et par les habitants vivant en périphérie urbaine, que par les personnes qui vivent dans les villes. Dans les villes, ceux qui boivent de l’araké sont principalement des personnes qui souffrent d’alcoolodépendance et ne peuvent pas se permettre d’acheter de l’alcool de plus grande qualité. Le gouvernement ne pouvant pas contrôler la production locale d’alcool, il est difficile d’estimer la quantité d’alcool produite et consommé en Ethiopie.

La consommation d'alcool pur moyenne par an est de 2 litres par habitant en 2018 selon l'OMS (11.7 litres en France en 2017, population de plus de 15 ans, source Santé publique France). 

Les éthiopiens boivent très peu de vins. Le premier vignoble, de l'Awash (à l'est d'Addis Abeba), fut établi en 1943 par des italiens et grecs. Après avoir été nationalisé en 1975, il a été racheté par des investisseurs privés en 2013 (dont Bob Geldof). L'autre vignoble (Castel) important a été planté (cépages importés de France) à la sortie sud de la ville de Ziway (167 km au sud de la capitale) par l'entreprise française de Pierre Castel (second producteur de vins et d'alcools en France) entre 2007 et 2009 et le vin produit est mis en bouteilles depuis 2014.

Lien vers un article du Figaro sur la production de vin en Ethiopie

On consomme par contre de plus en plus de bières (consommation moyenne par an est 1.54 litres par habitant en 1994, 10 litres par habitant en 2019). La première marque de bière produite dans le pays date de 1922 est la Saint Georges. D'autres marques ont depuis vu le jour, Meta, Bédélé, Harar, Habesha, etc. Elles ont toutes été rachetées par des brasseries européennes dont le groupe BGI de Pierre Castel (a racheté la brasserie St Georges en 1998) et Heineken qui a ouvert sa première brasserie en Ethiopie en 2011 (produit la bière Walia et a racheté au gouvernement les brasseries Harar et Bédélé).

Le cannabis, appelé en Éthiopie ganja ou hashishHistoriquement, le cannabis poussait à l’état sauvage dans la région et son utilisation était limitée aux monastères. Il existe des preuves physiques que la plante a été fumée en Ethiopie vers les 13e/14e siècles. Deux pipes à fumer en céramique ont été découvertes dans une grotte près du lac Tana et datées au carbone 14 aux alentours de l’an 1320 après la naissance du Christ (+/- 80 années). Celles-ci contenaient des traces de cannabis.

On dit que les élèves des écoles religieuses consommaient du cannabis pour faciliter leur apprentissage. Le cannabis s’est peut-être propagé à d’autres régions du pays grâce aux touristes et aux guides qui ont visité les monastères ou aux Jamaïcains qui se sont installés à Shashéméné et ont cultivé du cannabis pour leur propre consommation. Il est rapporté que les paysans dans certaines parties du pays (les forêts du massif du Balé) produisent du cannabis à des fins commerciales et que le cannabis est trafiqué vers l’Érythrée, le Soudan et Djibouti.

L’Éthiopie est le foyer spirituel du rastafarisme. Malgré cela, la consommation de cannabis est interdite par la loi, même à Shashéméné, une ville de la terre fut léguée en 1948 par l’empereur Hailé Sélassié, aux descendants des esclaves venus d’Afrique, mais qui va principalement accueillir des rastafariens venus des Caraïbes.

On retrouve de nombreux vendeurs de cannabis dans la capitale. Une grande partie du cannabis en Éthiopie est importée d’autres pays africains. En 1999, 2.6 % de la population de 15 à 64 ans consommaient du cannabis. La consommation est certainement supérieure de nos jours notamment dans la capitale et à Shashéméné.

Selon le rapport (The African Regional Hemp & Cannabis Report, 2019 industry outlook, une étude de New Frontier Data, un institut de recherche basé à Washington), le taux de consommation mondiale de cannabis s’élève à 6 %, le taux de consommation de l’Afrique est de 11,4 %, soit près du double du taux mondial.

Voici un lien pour en savoir plus:

https://sensiseeds.com/en/blog/countries/cannabis-in-ethiopia-laws-use-history/

Que dit la loi éthiopienne  sur la consommation, ventre de drogues:

L’alcool: l’alcool ne peut être servi à personne de moins de 18 ans en Éthiopie. Les troubles causés par les personnes sous l’influence de l’alcool sont passibles d’une peine d’emprisonnement de trois mois à un an. La conduite sous influence est également illégale et entraîne une amende.

Les substances illicites: les sanctions pour possession, utilisation ou trafic de drogues illicites (y compris le cannabis) sont strictement appliquées en Éthiopie. Les condamnés peuvent s’attendre à des amendes et à de longues peines d’emprisonnement.

La  consommation de cannabis est illégale et la possession de cannabis est passible d’une peine maximale de six mois de prison.

Le khat: la loi éthiopienne n’autorise ni n’interdit explicitement la culture, la consommation ou la vente de khat. Pourtant, l’économie nationale, et en particulier les économies régionales spécifiques, sont de plus en plus dépendantes de la production et du commerce d’une substance de plus en plus criminalisée dans le monde. Dans la capitale, le gouvernement a interdit les Chat Bet (maisons du Khat). La consommation est seulement autorisée au domicile et tolérée dans les rues de certaines régions. Dans les régions Amhara et du Tigré, il n'est pas autorisé de consommer du khat dans la rue.

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B
Bonjour,<br /> <br /> Je viens de découvrir votre site, j'ai voyagé au Nord de l Éthiopie en 2004 à l'époque je vivais au Caire et ce n'était vraiment pas loin, j'avais trouvé ce pays splendide, les paysages grandioses, la faune et la flore incroyables et la population accueillante malgré la barrière de la langue et les conditions d'extrême pauvreté, je m'étais promis d'y retourner rapidement pour en découvrir d'autres facettes ......mais les surprises de la vie ne me l ont pas permis...je le regrette et espère toujours pouvoir y retourner un jour........je voulais vous remercier pour vos articles bien documentés et sans concessions......c'est rare sur ce très beau pays !! Bien cordialement H.B.
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